Actions contre les ravageurs

Choisir les moyens de lutte adaptés selon les nuisibles.

La serre est un lieu vivant rassemblant plantes, poissons, bactéries, insectes et champignons. La densité de culture attire les pollinisateurs (abeille, bourdon, papillon...) pour l'épanouissement des végétaux. Néanmoins, il est possible de retrouver d'autres insectes moins bénéfiques pouvant impacter la qualité des productions. Il est important de gérer ces populations avant de se retrouver envahis et que vos fruits et légumes soient abimés.

Dans la serre, nous recommandons une lutte biologique contre les ravageurs des cultures. Les produits utilisés doivent être compatibles avec tous les êtes vivants indispensables, notamment les poissons et les bactéries présentes dans l'eau.

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Lutte intégrée : qu'est ce que c'est ?

Selon la FAO*, la protection biologique intégrée (PBI) c'est « l’étude de toutes les techniques de lutte antiparasitaire disponibles et l’intégration ultérieure de mesures appropriées qui découragent le développement des populations de ravageurs. La PBI insiste sur la croissance de cultures saines avec le moins de perturbations possible pour les agrosystèmes et encourage les mécanismes naturels de lutte contre les ravageurs. ».

Autrement dit, c’est l’ensemble de stratégies de lutte permettant de maintenir les populations de nuisibles sous des seuils de nuisibilité acceptables. Ainsi, vos cultures restent productives et fournissent des fruits et légumes pour votre consommation.

La lutte intégrée comprend les luttes culturales, physiques, chimiques et biologiques. Il est important de prendre en compte différents paramètres : les ravageurs et leur biologie, les techniques de surveillance, les outils de lutte, l’enregistrement des données, la gestion des résistances et la lutte contre les adventices.

En bref : il s’agit de combiner traitements et méthodes respectueuses de l’environnement pour contrôler les populations de ravageurs des cultures.

FAO = Food and Agriculture Organization

Seuil d'acceptabilité de la présence de nuisibles

Ravageur

Seuil acceptable

Seuil d'action

Action

Acarien

Moins de 10 piqûres sur une feuille.

A partir de 10 piqûres sur une feuille. Il faut agir avant le développement des toiles autour des végétaux.

Huile de colza
Auxiliaires (acariens prédateurs)

Aleurode

Moins de 10 mouches sous une feuille.

A partir de 10 mouchettes sous une feuille.

Aspiration manuelle
Huile de colza

Chenille

Dès l'observation d'une chenille ou végétaux.

Retrait des chenilles
Bacillus thuringiensis

Mineuse

Dès l'observation d'une galerie caractéristique dans une feuille.

Retrait de la feuille ou du plant
Huile de colza

Pucerons

Une dizaine d'individus isolés sur ou sous une feuille

Dès l'observation de foyers (+ de 10 individus sur 1 cm2) ou individus regroupés.

Huile de colza
Savon noir
Microguêpes

Thrips

Dès l'apparition de tâches argentées et/ou petits points noirs à proximité des nécroses.

Huile de colza

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Vigilance

Les jeunes plants et les plants affaiblis sont plus sensibles aux attaques de nuisibles que les végétaux matures.

Prévenir et limiter le développement des nuisibles

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CONSEIL PRINCIPAL : observer et agir dès les premiers symptômes !

Les ravageurs des cultures peuvent avoir passé l'hiver dans votre serre sans que vous y ayez prêté attention. Dès le mois de mars/avril, les températures extérieures augmentent et les conditions environnementales sont favorables pour la reprise de croissance des nuisibles. De plus, les végétaux récemment installés dans la serre sont encore jeunes et sensibles aux attaques.

Il est recommandé de redoubler de vigilance au début du printemps pour maintenir les populations sous le seuil acceptable.

Sans action contre les premiers individus qui apparaissent, les nuisibles s'installent sur toutes vos cultures et il peut être difficile d'en venir à bout au long de la saison estivale.

Voici quelques actions à mettre en place pour réduire au maximum la probabilité d'installation de nuisibles dans la serre :

1. Propreté de la serre
Il est conseillé de garder la serre propre en retirant les végétaux desséchés, carencés, malades, infestés de nuisibles et les composter. Le matériel de taille et d'entretien doit être nettoyé régulièrement pour éviter les contaminations d'un plant à un autre, surtout s'il est atteint.
Ces mesures d'hygiène permettent de réduire les sources de contamination potentielles de vos cultures.

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Il est préférable de retirer un plant s'il est entièrement infesté de nuisibles plutôt que d'appliquer un traitement !

Garder des foyers de nuisibles au sein de la serre réduit l'efficacité des actions de lutte intégrée. Appliquer un traitement aura tendance à être moins efficace que le retrait total de la plante. En effet, un traitement nécessitera plusieurs applications pour gérer la population. Pendant ce temps, les ravageurs contamineront d'autres plantes à proximité.

2. Etre observateur
La capacité à observer les interactions entre les êtres vivants dans la serre permet d'agir à temps pour éviter les désagréments des ravageurs.
Il est conseillé de mettre en place les plaques engluées qui représentent un outil de détection précoce des nuisibles ailés.

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Surveiller la présence de fourmis

Par exemple, la présence de fourmis aux abords des plantes peut être un indicateur lié à la présence de pucerons. Les fourmis protègent ces nuisibles en se nourrissant du miellat qu'ils sécrètent sur les feuilles.

Si vous observez des fourmis, examinez la plante à la recherche de pucerons. Si vous en trouvez, choisissez le bon traitement pour une efficacité optimale.

3. Eviter de garder un plant plus de 2 ans
Certains nuisibles peuvent résister à la période hivernale dans la serre mais ne sont pas actifs. A la sortie de l'hiver, avec l'augmentation progressive des températures, les conditions sont propices au développement rapide des insectes et ils envahissent les cultures.

4. Diversifier les végétaux cultivés dans la serre
Cultiver de multiples espèces végétales permet d'éviter l'accumulation de nuisibles sur un même type de culture. Les plantes présentent des bénéfices mutuels. Pour maintenir un écosystème sain, il est conseillé de mélanger des plantes à fleurs, des plantes à fruits, des légumes, des aromatiques...

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Associations de plantations

  • Sur une tour ZipGrow, il est conseillé d'implanter 3 plantes à fruits + 1 aromate ou fleur
  • Alterner les espèces végétales à chaque cycle de culture dans les bacs de perma. Par exemple, faire un cycle de légumineuses (haricot, pois) puis solanacées (tomate, aubergine) puis enchainer avec des laitues ou épinards. Cela permet de limiter la pression des ravageurs qui ne s'attaquent généralement pas à toutes les espèces végétales.

5. Utiliser des plantes bénéfiques
La lutte culturale passe par l’utilisation de plantes de services. Les installer aux abords des cultures d’intérêts permet une gestion rapide des populations de nuisibles.

  • Les plantes refuges : les ravageurs s'installent dessus plutôt que sur les cultures d'intérêt dans la serre. Exemple : tanaisie et capucine pour les pucerons.
  • Les plantes banques : les auxiliaires s'y développent rapidement et s'installent pour réduire les populations de nuisibles. Exemple : orge, blé...
  • Les plantes répulsives : elles éloignent les ravageurs hors de l'espace de culture par confusion sémiochimique. Exemple : soucis

6. Ne pas dépasser les recommandations de fertilisation
L'excès de compléments (engrais en bioponie, sels et minéraux en aquaponie) sensibilise les plantes et les rend plus vulnérables face aux attaques de nuisibles.

7. Attirer les polinisateurs
Les bandes fleuries maintiennent la biodiversité et créent des habitats pour les pollinisateurs et auxiliaires de lutte qui régulent les nuisibles. Il existe différents types de buffet pour insectes : sarrasin, phacélie, tournesol, bourrache, lupin, trèfle d’Alexandrie, trèfle perse, vesce velue, lotier corniculé, agripaume, aneth, et mauve...
Il est également recommandé d'étaler les semis pour étendre les plages de floraison au maximum. C'est intéressant pour l'attraction des pollinisateurs dans la serre. En plus, cela permet également d'étaler vos récoltes : gagnant-gagnant !

8. Utiliser des bioinsecticides
Une fois le nuisible identifié, il est possible de mettre en place la lutte biologique en appliquant le traitement adapté et en respectant les recommandations d'usage.
Certaines préparations telles que les purins et décoctions peuvent avoir un effet insecticide en pulvérisation foliaire.

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Purin, décoction et infusion

Il possible de préparer soi-même son purin, infusion ou décoction. A base d'ortie, de prêle, de fougère, de consoude, ces préparations représentent des alternatives aux insecticides et sont compatibles avec les systèmes de culture en aquaponie, bioponie et permaculture.

Infusion d'ortie efficace contre les pucerons

  • Porter à ébullition 1 kg de feuilles d'orties dans 10 L d'eau froide
  • Laisser refroidir, filtrer et stocker au frais avant utilisation
  • Diluer au 1/10 avec de l'eau
  • Pulvériser les feuilles des plantes atteintes

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